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BANGLADESH - A l'approche des élections législatives du 1er octobre 2001, l'Eglise catholique appelle au calme et au renforcement des mesures de sécurité pour limiter les violences électorales

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"Pour que les élections législatives soient un succès, le pays a surtout besoin du maintien de l'ordre et du respect du droit", a déclaré le 20 août dernier le P. Patrick Gomes, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques catholiques du Bangladesh. A l'approche des élections du 1er octobre prochain où 75 millions d'électeurs choisiront les 300 députés du parlement, les violences pré-électorales dont ce pays est coutumier n'ont pas manqué : depuis le mois de juillet dernier, 50 personnes sont mortes, des bombes ont explosé et 58 000 personnes ont été interpellées. Selon le P. Gomes, l'Eglise catholique est "confiante" à propos de ces élections mais "les bombes et les meurtres, jusque dans une église catholique," (1) sont des facteurs de "découragement pour tout le pays".

Le P. Kamal Corraya, directeur du Centre chrétien de communication, estime pour sa part que les minorités religieuses dans ce pays majoritairement musulman "ont peur" : elles craignent que la sécurité ne soit pas assurée lors des opérations de vote. "Si les chrétiens, les bouddhistes et les hindous constatent que des heurts menacent de se produire entre les partis politiques, ils n'iront pas voter", pouvait-on lire dans un éditorial de Pratibeshi, l'hebdomadaire catholique national (2). De plus, ajoutait l'éditorialiste, le gouvernement par intérim doit se montrer impartial car "autrement, le sang continuera à couler après les élections législatives".

Depuis 1991, le Bangladesh a mis en place un système selon lequel, trois mois avant les élections législatives, le pouvoir exécutif est confié à un gouvernement par intérim chargé de superviser les opérations pré-électorales et d'assurer le libre et juste déroulement des élections. L'actuel gouvernement par intérim est dirigé par Latifur Rahman, ancien ministre de la Justice. En juillet dernier, Sheikh Hasina, Premier ministre sortante, à la tête de la Ligue Awami, est devenue le premier chef de gouvernement du Bangladesh à aller jusqu'au terme de son mandat de cinq ans, tous les gouvernements précédents du pays étant tombés avant.

(1)Voir EDA 333
(2)Le Bangladesh est le quatrième plus grand pays musulman du monde - 87 % de ses 123 millions d'habitants se réclamant de l'islam. La liberté religieuse y est toutefois garantie par la Constitution depuis 1971, date de la création du pays après la guerre de sécession entre le Pakistan oriental et le Pakistan. Depuis 1988, l'islam est religion d'Etat mais la Ligue Awami, au pouvoir jusqu'en juillet dernier, s'est montrée respectueuse de la liberté religieuse et impartiale vis-à-vis des religions. Le monde musulman bangladais n'en est pas moins traversé de tensions extrémistes et, récemment, la Haute-Cour de Justice a eu à se prononcer sur la validité des juridictions islamiques par rapport au système juridique d'Etat (voir EDA 323, 325). Outre les chrétiens qui forment une des plus petites communautés d'Asie, avec seulement 0,3 % de la population du pays (dont les deux-tiers sont catholiques), le Bangladesh compte d'autres minorités religieuses : la plus forte est la communauté hindoue (avec 12 % de la population) ; les bouddhistes forment, eux, 0,6 % de la population.