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Bulletin EDA n° 468 du 01/09/2007
Dans un contexte marqué par une talibanisation de plus en plus marquée de la province, les chrétiens ne cachent pas leur peur. Après avoir prononcé l’interdiction des magasins de musique et les barbiers, des mollahs ont récemment déclaré que les cafés Internet et les échoppes de téléphone mobile étaient des « commerces contraire à l’islam ». Ces derniers mois, quatre écoles de filles dans la province ont été la cible d’attentats à la bombe. Et, concernant les chrétiens, en mai et en juin derniers, des lettres de menaces ont été adressées à des communautés, à Charsadda et à Shantinagar (1). Selon le P. Yousaf Amanat, curé de la paroisse catholique de Saint Michael, à Peshawar, les fidèles ont peur désormais. « La fréquentation de la messe dominicale a chuté de 40 % et une rencontre pour la promotion des vocations a dû être annulée », a-t-il précisé.
Par ailleurs, des lettres de menaces ont aussi été envoyées à des hindous. A la colonie (du nom des lotissements ou quartiers) Chorasi, à Peshawar, habitée par une vingtaine de foyers hindous et une soixantaine de foyers chrétiens, Ram Lal, balayeur de rues et hindou âgé de 55 ans, estime que ces lettres témoignent une fois de plus des pressions qui sont exercées sur les minorités. « Il n’est pas rare que des gens jettent des pierres contre notre mandir (lieu de culte) durant les temps de prières », explique-t-il, soulignant que les non-musulmans souffrent de discrimination à l’embauche.
Le 19 août, une jirga, du nom des assemblées des anciens traditionnellement convoquées pour régler les conflits entre les clans et les tribus, organisée dans une mosquée à Swat, a déclaré que les attentats-suicides étaient haram (interdits). Le comité pour la paix qui était à l’origine de cette jirga a appelé les chefs de la prière à faire des mosquées des lieux de promotion de la paix (2).
(1) Voir EDA 465, 467
(2) Depuis la prise de la Mosquée rouge (Lal Masjid) par les forces armées en juillet dernier, les attaques-suicides à Islamabad et dans la Province de la frontière du Nord-Ouest ont connu une recrudescence.