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Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Des juges et des avocats demandent une action rapide pour mettre fin aux abus dont les femmes sont de plus en plus souvent victimes dans un pays à majorité musulmane où, pourtant, l'actuel Premier ministre et son prédécesseur sont des femmes (1). Un mouvement social fortement organisé et l'utilisation efficace des lois existantes sont nécessaires pour enrayer le nombre croissant des sévices subis par les femmes, ont déclaré à Dacca, le 23 novembre dernier, des avocats réunis dans la "Société pour le respect des droits de l'homme" du Bangladesh. "Nous voulons lutter contre l'oppression des femmes et bâtir une société meilleure", a déclaré Sigma Huda, fondatrice et secrétaire de l'organisation.
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Selon l'agence de presse Reuters, les autorités gouvernementales dans la province du Shaanxi ont entrepris une nouvelle campagne visant à forcer les membres de l'Eglise catholique "clandestine" à s'enregistrer auprès de l'Association patriotique et à ainsi intégrer l'Eglise "officielle" (1). Interrogé par Reuters, un responsable du Bureau local des Affaires religieuses a déclaré le 30 novembre dernier que la campagne, baptisée "Opération 816", avait été lancée il y a deux ans déjà mais qu'elle avait été réactivée depuis le mois d'octobre dernier. "L'opération s'apparente plus à une campagne d'éducation qu'à un mouvement de répression, a déclaré le fonctionnaire, en poste à Baoji, ville située dans l'ouest de la province. Il s'agit de faire enregistrer ces églises illégales sous le giron de l'Eglise patriotique. La seule formalité exigée est de signer un manifeste par lequel les personnes déclarent leur adhésion à l'Eglise patriotique." Au cas où les fidèles auraient des difficultés à comprendre ce qui leur est demandé, "nous avons organisé des sessions d'étude pour les éduquer", a encore ajouté le responsable.
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Le 1er décembre dernier, journée mondiale d'action sur le sida, une délégation de la Commission Justice et paix' du diocèse catholique de Hongkong s'est rendue devant les locaux du Bureau de liaison du gouvernement central de la République populaire de Chine, organe servant de représentation officielle de Pékin dans le territoire de la SAR (Special Administrative Region). Là, devant les grilles du bâtiment, Or Yan-yan, chef de la délégation, a lu une lettre ouverte aux autorités chinoises demandant la reconnaissance par la Chine des droits et de la dignité des malades du sida en Chine. Une fois la lettre lue, les membres de la délégation n'ont pu la remettre aux fonctionnaires du Bureau de liaison et ont trouvé porte close. "Lorsque nous avons demandé à être reçus, les gardes ont repoussé certains d'entre nous en dehors des grilles, rapporte Or Yan-yan. Si bien qu'à la fin, nous avons déchiré la lettre car nous estimons que le Bureau de liaison a perdu sa raison d'être qui est de transmettre les opinions des Hongkongais. Il est inutile de discuter avec ces gens."
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
La présentation au Parlement d'un projet de loi en faveur de l'abolition de la peine de mort en Corée du Sud fait suite à une campagne interreligieuse dont l'Eglise catholique avait pris la tête (1). 155 députés, issus aussi bien de l'opposition que de la majorité et formant un bloc majoritaire à la Chambre des députés, ont présenté le projet à l'Assemblée nationale le 30 octobre dernier. Si ce projet est adopté, il supprimerait les dispositions relatives à la peine de mort prévues tant dans le code pénal que dans le code militaire et commuerait les sentences capitales déjà prononcées et non exécutées en peines de prison à vie. D'après Chyung Dai-chul, rapporteur du projet, "il y a contradiction à vouloir prendre la vie d'un criminel au nom d'une justice criminelle qui spécifie elle-même que le caractère sacré de l'homme et de sa vie sont garantis par la Constitution".
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Les évêques catholiques ont renouvelé leur opposition à la vente d'un contraceptif qui, selon eux, n'est rien d'autre qu'un produit abortif. La Commission Justice et paix', la Commission pour la Pastorale familiale et celle pour la Doctrine de la foi de la Conférence épiscopale de Corée du sud ont exprimé leur profonde inquiétude face à l'approbation par le gouvernement du Norlevo, un contraceptif d'urgence communément connu sous le nom de "pilule du lendemain". La Hyundai Pharm Company a demandé l'autorisation de la Direction sud-coréenne de l'alimentation et des produits pharmaceutiques de mettre ce produit sur le marché. La décision du gouvernement serait imminente. Mgr Peter Kang Woo-il, évêque auxiliaire de Séoul, avait déjà écrit à cette administration le 9 juillet dernier pour protester contre cette demande d'importation (1). Le 29 octobre, les trois commissions catholiques ont publié une note commune disant que la mise sur le marché de cette pilule introduirait dans la société une culture mortifère et encouragerait une sexualité anarchique chez les jeunes. Le Norlevo est dans certains pays à travers le monde délivré sans ordonnance, mais, en Asie, le Sri Lanka est la seule nation à avoir officiellement approuvé sa vente sur son territoire.
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Des controverses se sont élevées à propos de l'euthanasie en Corée du Sud après l'adoption par les médecins d'un nouveau code de déontologie leur permettant de renoncer à des traitements visant à prolonger la vie de patients en phase terminale (1). L'Association coréenne des médecins (KMA), qui regroupe la majorité des médecins sud-co-réens, a publié le 15 novembre ces nouvelles directives. Le ministère de la Santé a immédiatement prévenu que les médecins qui suivraient ces nouvelles directives s'exposaient à des poursuites judiciaires, y compris pour meurtre.
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Diverses minorités religieuses avaient vigoureusement réagi à une tentative du gouvernement fédéral profitant d'une réforme éducative en préparation pour imposer une vision partiale de l'histoire indienne à travers les programmes et les manuels scolaires (1). Le 7 décembre dernier, dans un communiqué de presse, les évêques catholiques ont voulu, eux aussi, prendre position dans le débat actuel. Leur attitude a été sans aucune ambiguïté. Ils ont exprimé "leurs sérieuses réserves à propos de la politique de l'éducation suivie par le gouvernement".
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Une nouvelle fois, responsables religieux chrétiens et dirigeants nationalistes hindous se sont rencontrés au plus haut niveau pour essayer de renforcer l'harmonie entre les deux communautés religieuses. Cependant, dans les milieux catholiques, les mêmes réticences se sont manifestées que lors des précédentes rencontres (1) et certains hauts dignitaires de l'Eglise catholique ont refusé de consentir à des compromissions qu'ils désapprouvent.
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Déjà le 17 octobre dernier, lorsque les dirigeants d'un groupe de l'extrême droite hindoue avaient pénétré sur le site d'Ayodhya pour y faire des prières, alors que la question des véritables propriétaires des lieux, hindous ou musulmans, n'avait pas encore été tranchée par la justice, ils avaient brusquement fait monter la tension entre les deux communautés religieuses les plus nombreuses de l'Inde. Les récentes déclarations d'un représentant du Rashtriya Swayamsevak Sangh (Corps national des volontaires, RSS), organisation rassemblant un certain nombre de groupes hindous fondamentalistes, concernant la construction du temple hindou sur le site de la mosquée d'Ayodhya détruite voilà maintenant neuf ans, ont à nouveau ravivé la querelle. L'organisation hindouiste s'est engagée à commencer les travaux de construction du temple au plus tard après la date limite du 12 mars 2002, une date qui avait déjà été proposée par le Vishwa Hindu Parishad (Conseil mondial hindou, VHP) il y a quelque temps. Un porte-parole du RSS, M.G. Vaidya, a informé la presse de cette intention de son organisation à l'occasion du neuvième anniversaire du saccage de la mosquée d'Ayodhya par plus de 100 000 fanatiques hindous, membres ou affiliés du RSS, sous le prétexte qu'elle avait été édifiée sur les ruines d'un temple dédié à la divinité Ram. C'est en effet le 6 décembre 1992 que ces incidents ont eu lieu, suivis de troubles qui avaient opposé les hindous aux musulmans dans tout le pays et avaient fait trois mille morts.
Bulletin EDA n° 343 du 16/12/2001
Le cadavre d'une jeune femme de 29 ans, nommée Sarita Toppo, membre de l'institut séculier de Don Bosco, a été trouvé dans la forêt, le 28 novembre dernier, près du village de Dongto dans l'Etat de Chhattisgarh. La victime, d'origine autochtone, qui depuis trois ans, avec une compagne du même institut, Jacintha Ekka, partageait la vie de la population d'un village, a été violée avant d'être tuée.