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Bulletin EDA n° 480 du 01/03/2008
Situé dans le diocèse de Mannar, au nord-ouest du pays, le sanctuaire de Saint-Anthony se trouve dans une région où les combats font rage entre les forces gouvernementales et les Tigres tamouls. Le sanctuaire lui-même a été intégré au sein d’un complexe militaire gouvernemental d’où les civils ont été évacués. L’évêque de Mannar a toutefois obtenu l’autorisation que les fidèles puissent continuer à se rendre dans l’église du sanctuaire, mais une seule messe par semaine, le mardi, peut y être célébrée. De plus, il est prévu que le sanctuaire soit ouvert aux fidèles pour la fête de saint Antoine de Padoue, le 13 juin prochain. Toutefois, depuis l’intensification des combats et la levée du cessez-le-feu, le 2 janvier dernier, des informations font état de la fermeture totale du sanctuaire, les militaires utilisant l’église comme entrepôt de stockage. Le mardi 12 février, lorsque des obus de mortier sont tombés sur le site, il semble qu’aucun civil ne se trouvait sur les lieux.
Dans la ville de Mannar, située à trois kilomètres de Thalladi, la recrudescence des combats de ces dernières semaines a également perturbé la vie quotidienne de la population. Selon le témoignage d’un homme d’affaires résidant sur place et rapporté par l’agence Ucanews, les écoles sont fermées, tout comme les magasins et les bureaux ; le réseau de téléphonie mobile a été coupé et il est rare de voir des civils circuler dans les rues de la ville.
Pour les évêques catholiques, la situation est grave. « Nous demandons instamment que cessent ces attaques aveugles lancées contre des lieux sacrés. Des vies et des biens sont détruits. Le caractère sacré des lieux de culte et de prière, quels qu’ils soient, doit absolument être préservé. » Au mois de novembre 2007, les responsables de l’Eglise catholique avaient lancé un message similaire après le bombardement du sanctuaire marial de Madhu, situé lui aussi dans le diocèse de Mannar (1). Le 29 janvier 2008, à un kilomètre du sanctuaire de Madhu, un bus transportant des civils a sauté sur une mine ; 18 personnes sont mortes, dont 11 enfants et enseignants de la Thadchanaamaruthamadu Roman Catholic Tamil School, toute proche.
(1) Le 13 novembre 2007, trois obus sont tombés sur le sanctuaire de Notre-Dame de Madhu, lieu de pèlerinage marial fréquenté par des catholiques mais également des bouddhistes et des hindous, qu’ils soient Cinghalais ou Tamouls. Un jeune garçon de 4 ans avait été tué et une femme de 76 ans blessée. L’Eglise avait demandé que ce lieu de pèlerinage demeure une « zone de paix ». Pour plus de détails, voir EDA 474.