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CHINE - Le dalaï lama ne sera pas reçu au Vatican lors de son séjour en Italie

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Le dalaï lama ne sera pas reçu en audience par Benoît XVI au cours de la visite qu’il effectuera en Italie courant décembre 2007, ont indiqué à l’agence I.Media des sources vaticanes autorisées. Une rencontre entre le chef politique et religieux des Tibétains en exil et le pape avait pourtant été officieusement confirmée par le Vatican le 31 octobre dernier. Les autorités chinoises avaient immédiatement fait pression.

Fin octobre, le Bureau de presse du Saint-Siège avait, mezza voce, qualifiée de « visite à caractère privé » la venue du dalaï lama au Vatican. Les autorités chinoises avaient aussitôt réagi en souhaitant que le Vatican ne fasse « rien qui puisse blesser les sentiments de la population chinoise », mais au contraire montre « de la sincérité dans l’amélioration des rapports avec la Chine ». Le ministère chinois des Affaires étrangères avait même évoqué des « répercussions graves sur les relations bilatérales » au cas où l’entrevue du pape et du dalaï lama aurait bien lieu.

Les propos de Liu Jianchao, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, intervenaient alors que Rome tente de réchauffer ses relations avec Pékin et quatre mois après l’envoi par Benoît XVI d’une lettre aux catholiques de République populaire de Chine, le 30 juin dernier. « Il n’y aura pas de visite au Vatican du dalaï lama », ont ainsi confié à des sources vaticanes autorisées. « Officiellement, a-t-on précisé, cette visite n’a jamais été annoncée. » Dans le même temps, les autorités italiennes semblent elles aussi embarrassées par la visite dans la péninsule du chef religieux des Tibétains et par l’accueil à lui réserver.

Le dalaï lama, dont les rencontres avec Jean-Paul II (1978-2005) ont été nombreuses, a déjà rencontré Benoît XVI à une occasion. C’était au Vatican le 13 octobre 2006 et aucun communiqué officiel n’avait fait état de cette visite, qualifiée de « courtoisie » par le Saint-Siège pour ne pas froisser les autorités chinoises. Le dalaï lama avait expliqué à la presse avoir évoqué avec Benoît XVI l’importance de l’harmonie entre les religions, mais aussi le sens du discours du pape à Ratisbonne sur le rapport entre foi et raison. Le dalaï lama vit en exil depuis 1959, depuis l’invasion du Tibet par l’armée chinoise. Depuis Dharamsala, au nord-ouest de l’Inde, il ne cesse de plaider pour une solution négociée au problème tibétain (1). En 1989, il a reçu le prix Nobel de la paix.

(1) A l’issue d’une récente visite du dalaï lama au Japon, les échanges se sont durcis entre le chef du bouddhisme tibétain et Pékin. Le dalaï lama y avait déclaré qu’il était prêt à aller à l’encontre de la tradition afin d’empêcher la Chine de s’ingérer dans les affaires religieuses tibétaines. Il avait évoqué l’idée que son successeur pourrait être choisi « avant » sa propre mort. Peu après, en Inde, en marge d’une rencontre interreligieuse à Amritsar, le chef spirituel des Tibétains, âgé de 72 ans, a déclaré que son successeur pourrait ne pas être originaire du Tibet s’il devait arriver que le dalaï lama meure en exil. Il a évoqué la possibilité d’une « élection » pour choisir son successeur. Ce à quoi le ministère chinois des Affaires étrangères a immédiatement réagi, en déclarant, par la voix de son porte-parole : « La réincarnation d’un bouddha vivant est la seule voie de succession du bouddhisme tibétain et suit des rituels religieux relativement détaillés et des conventions historiques. » Au sujet de récentes mesures prises par le gouvernement chinois pour contrôler le choix des lamas ou des moines réincarnés, voir EDA 468