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CHINE - Le gouvernement réduit la semaine de congé du 1er mai et introduit trois jours fériés en lien avec la culture traditionnelle chinoise

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sanctuaire marial de Jianshan lors des pèlerinages du mois de mai  © Ucanews

sanctuaire marial de Jianshan lors des pèlerinages du mois de mai © Ucanews

Le Nouvel An chinois, la plus importante fête du monde sinisé, centrée sur la famille, est devenue l’occasion d’une des plus fortes migrations du monde. Cette année, ces déplacements massifs en Chine populaire, ont été gravement perturbés par des chutes de neige, inhabituellement abondantes jusque dans le sud du pays. Toutefois, si la fête du printemps (Chun Jie) est LA grande fête des Chinois, Pékin a récemment annoncé l’introduction de nouveaux jours fériés, liés à la culture traditionnelle chinoise, et, en contrepartie, la réduction à trois jours de « la semaine d’or » (Golden Week) du 1er mai.

Les « semaines d’or », inspirées du Japon, ont été introduites en 1999 par Pékin, soucieux de stimuler les dépenses domestiques dans une économie, à son goût, trop dépendante des échanges extérieurs. C’est ainsi, qu’outre la semaine de vacances pour le Nouvel An chinois, deux « semaines d’or » ont été introduites autour de la fête nationale, le 1er octobre, et de la fête du Travail, le 1er mai. Rapidement, l’engorgement massif des infrastructures de transport, lors de ces semaines de congé, ont amené les responsables chinois à réfléchir à un étalement de ces périodes chômées.

Selon un sondage commandé en mars dernier par le pouvoir, 65 % des Chinois se montrent favorables à une réduction des « semaines en or » et à une réintroduction des fêtes liées à la culture traditionnelle chinoise. Le 19 décembre 2007, le Conseil pour les affaires d’Etat (le gouvernement central) a annoncé qu’à compter de 2008, le 1er mai ne donnerait lieu qu’à un congé de trois jours maximum. La semaine liée au 1er octobre reste inchangée et trois nouveaux jours fériés sont institués : Qingming en avril, lorsque les familles vont nettoyer la tombe de leurs ancêtres (1), Duanwu en juin, en mémoire de Qu Yuan, grand poète patriote de la Chine antique (2), et enfin le festival de la mi-automne, en septembre (3).

Parmi les catholiques, ces changements ont été plus ou moins bien accueillis. Dans le diocèse de Zhoucun (province du Shandong), le P. Paul Wu se réjouit de ces changements. Outre le fait que voyager durant ces « semaines d’or » devenait véritablement problématique, leur répétition dans l’année perturbait la bonne marche des activités ecclésiales. « Même pour la messe dominicale, les fidèles étaient peu nombreux, trop occupés à voyager ou à rendre visite à des proches », explique-t-il. Avec des périodes chômées limitées à trois jours, il sera possible d’organiser des sessions de formation ou de prière, ou bien encore des pèlerinages vers des sanctuaires géographiquement proches.

A Shijiazhuang, chef-lieu de la province du Hebei, Maria Li se désole de ces changements. Ces semaines chômées étaient autant d’occasions de rentrer chez ses parents, à la campagne. Son village étant situé à une journée de bus de Shijiazhuang, elle ne pourra plus le faire aussi aisément. De plus, souligne-t-elle, les catholiques du Hebei ne pourront plus partir en pèlerinage à Sheshan (près de Shanghai), à Qingyang (dans le Jiangsu) ou encore à Taiyuan (dans le Shanxi), ces voyages prenant entre quatre et six jours. Enfin, elle estime que les Chinois d’aujourd’hui se moquent des valeurs traditionnelles et elle ne pense pas que ces nouveaux jours fériés contribueront à raviver la culture chinoise.

Au sanctuaire marial de Jianshan, dans la province du Shandong, les avis sont moins tranchés. Selon le recteur du sanctuaire, le P. Joseph Zhang, les catholiques évitent généralement la semaine du 1er mai et les foules de curieux qui se pressent au sanctuaire. Ils préfèrent venir prier la Vierge durant un autre week-end du mois marial. Dans une autre région du pays, dans le Shaanxi, un paysan catholique du diocèse de Weinan, indique que plus ou moins de vacances « ne fait pas de différence pour nous, dans les villages, parce que, de toute manière, nous nous déplaçons peu ».

(1) La fête de Qingming était à l’origine une fête pour offrir des sacrifices aux ancêtres. De nos jours, les gens vont de plus en plus souvent sur les tombes de leurs parents défunts pour leur rendre hommage. Quand revient la fête de Qingming, le temps commence à se radoucir, la végétation renaît, on aime à se promener en groupe à la campagne pour admirer les paysages printaniers, faire voler des cerfs-volants ; c’est pourquoi cette fête s’appelle aussi la Fête de l’excursion.
(2) Qu Yuan, originaire du royaume de Chu à l’époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), se voyant incapable de réaliser son ambition politique et de sauver sa patrie de la ruine, se jeta dans la rivière Miluo le 5ème jour du 5ème mois lunaire, après que le royaume Qin eût anéanti le royaume Chu. A cette nouvelle, les habitants des deux rives montèrent sur leurs barques et tentèrent de repêcher son corps. Depuis, chaque année, ce jour-là, on conduit des barques-dragons sur la rivière en mémoire de cet événement. On jette en même temps des tronçons de bambou remplis de grains de riz dans les eaux en guise d’offrandes. Aujourd’hui encore, on a l’habitude de manger des zongzi (gâteau de riz glutineux enveloppé dans des feuilles de bambou), d’organiser des courses de bateaux-dragons.
(3) Cette fête a lieu le 15ème jour du 8ème mois lunaire, au milieu de l’automne, d’où le nom de la fête de la mi-automne (ou fête de Zhongqiu). Dans l’antiquité, ce jour-là pour le sacrifice à la déesse de la lune, on préparait des gâteaux raffinés que tous les membres de la famille partageaient après la célébration du rite. Cela symbolisait la réunion de toute la famille. La tradition existe encore de nos jours. Dans la nuit, les membres de la famille s’assoient ensemble pour admirer le clair de lune, en mangeant des gâteaux sucrés et parfumés.