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Bulletin EDA n° 468 du 01/09/2007
Le vicaire général a ajouté que d’autres attaques avaient pris pour cible des biens d’Eglise entre le 7 et le 9 août. Des bureaux du diocèse, les bureaux de la Caritas locale, ceux du Catholic Relief Services (CRS), ainsi qu’un jardin d’enfants catholique ont été incendiés.
Ces événements sont intervenus après que le président José Ramos-Horta a annoncé, le 5 août, qu’il nommait l’ancien président et héros de l’indépendance Xanana Gusmao au poste de Premier ministre. Une nomination qui a soulevé la colère du Fretilin, dont les leaders demandent à être associés au nouveau gouvernement. Des manifestations violentes ont eu lieu à Dili ainsi qu’à Baucau, cette dernière ville étant considérée comme un bastion du Fretilin.
Mgr Basilio do Nascimento, évêque de Baucau, a condamné les actes de violence. « Je suis vraiment attristé par les actions immorales commises par des irresponsables », a-t-il déclaré aux médias locaux le 12 août. « Je n’accuse personne, mais ceux qui sont derrière ces violences devront en assumer la responsabilité », a-t-il ajouté, qualifiant de « stupides » les personnes qui n’acceptent pas la réalité politique présente.
A Baucau, des catholiques ont tenu des propos moins diplomatiques. Veronica Xemenes, 40 ans, a ainsi estimé que « ce type d’actions, immorales et communistes », montraient que leurs auteurs ne respectaient pas l’Eglise. Elles ne pouvaient s’expliquer que parce que, dans la perception de certains, l’Eglise soutient le parti de Gusmao afin de réduire l’influence du Fretilin. A l’époque où Mari Alkatiri était au pouvoir, a rappelé Veronica Xemenes, les responsables de l’Eglise s’étaient opposés à plusieurs reprises à des mesures gouvernementales, notamment dans le domaine éducatif (2).
Le 8 août dernier, lors du discours prononcé à l’issue de la cérémonie d’investiture, le nouveau Premier ministre, Xanana Gusmao, avait déclaré qu’il souhaitait travailler avec la société civile ainsi qu’avec l’Eglise catholique, dans un pays catholique à 97 %, et les autres institutions religieuses pour apporter la paix à la nation. « J’invite l’Eglise catholique, a-t-il précisé, à aider au changement des mentalités pour créer une culture de paix, de tolérance et de liberté, en travaillant à l’éducation des Timorais, au développement humain et à la réduction de la pauvreté. » Il a ajouté que son gouvernement, dont le mandat court jusqu’en 2012, apportera une aide financière à l’Eglise catholique pour la soutenir dans son travail.
(1) Le Fretilin (Front révolutionnaire pour l’indépendance du Timor-Oriental) est arrivé en tête des élections législatives de juin dernier, mais n’a pas remporté la majorité absolue. Il n’a obtenu que 21 sièges sur 65, tandis que le CNRT (Congrès national pour la reconstruction du Timor-Oriental), le mouvement récemment créé par le président Ramos-Horta et son prédécesseur Xanana Gusmao, est arrivé en seconde position, avec 18 sièges. Pour former un gouvernement, le Fretilin devait donc former une coalition avec d’autres partis. Son secrétaire général, Mari Alkatiri, a proposé que le Premier ministre soit une personnalité indépendante et que les deux vice-Premiers ministres soient issus l’un de sa formation, l’autre d’un des partis de la coalition, mais il n’est pas parvenu à convaincre. Xanana Gusmao a, quant à lui, réussi à former une coalition, appelée Alliance de la majorité parlementaire (AMP), qui rassemble 37 sièges. (Pour plus de détails, voir Courrier International, n° 877, 23-29 août 2007)
(2) Sur les tensions à propos des écoles, EDA 418 et 419