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Bulletin EDA n° 467 du 16/07/2007
Mgr Kim Un-hoe reconnaît que beaucoup de jeunes Sud-Coréens se demandent pourquoi leur pays devrait payer l’addition en apportant un soutien au Nord. Néanmoins, il souligne que les bénéfices de la réunification apporteraient une croissance économique renouvelée grâce, notamment, à la diminution des dépenses militaires. Une Corée unifiée redonnerait confiance aux Coréens et serait facteur de paix, une paix qui conduirait à son tour au développement du pays et à la stabilité régionale, explique Mgr Kim Un-hoe (2).
En outre, précise-t-il, les Nord-Coréens jouiront de la liberté religieuse qui leur est interdite et « l’Eglise du silence » pourra se développer. Quand les Nord-Coréens réaliseront que les catholiques partagent leurs souffrances et sont des artisans de paix, l’Eglise revivra là-bas. Chacun se souvient qu’entre 1949 et 1950, tous les prêtres et les religieuses restés au Nord ont été exécutés ou ont disparu et que le gouvernement communiste a confisqué toutes les propriétés de l’Eglise.
Koh Il-dong, expert de l’économie nord-coréenne, a expliqué à l’agence Ucanews que le coût de la réunification serait énorme, compte tenu du fait qu’aujourd’hui, le produit intérieur brut de la Corée du Nord représente seulement 3,3 % de celui la Corée du Sud.
Des jeunes catholiques sont particulièrement sensibles au sujet de la réunification qui les inquiète beaucoup, notamment du fait de ses implications économiques. « La pauvreté des Nord-Coréens nous touche, mais nous ne savons que faire pour eux. C’est aux politiques de les aider, a déclaré Agape Kim Yu-jin, qui n’est pas très enthousiaste à l’idée d’une éventuelle réunification. La Corée du Sud devra fournir une aide économique considérable au Nord en cas de réunification. De plus, des troubles sociaux pourront survenir, du fait des différences économiques et culturelles entre les Nord-Coréens et les Sud-Coréens. »
Mary Kim Yoo-jin, 26 ans, a expliqué de son côté que, d’un point de vue religieux et humanitaire, la Corée du Sud devrait prendre en charge le coût de la réunification pour sauver les Nord-Coréens qui souffrent de malnutrition, mais que, si tel est le cas dans les prochaines décennies, ce sera à sa génération d’en porter le lourd fardeau.
(1) « Le dimanche de prière pour la réconciliation et l’unité du peuple coréen » est le dimanche qui est le plus proche du 25 juin, date du début de la guerre de Corée, en 1950. Encore aujourd’hui, un million d’hommes monte la garde de part et d’autre de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corée.
(2) A l’occasion de ce dimanche, le Conseil épiscopal pour la réconciliation du peuple coréen avait également organisé un symposium sur le thème : « L’Eglise catholique coréenne et les réfugiés nord-coréens », où il a été question des efforts nécessaires de la part de l’Eglise catholique et des autres groupes religieux en ce domaine.